Je n’ai pas besoin de cours, je sais déjà surfer.

Combien de fois cette phrase a-t-elle été prononcée ? Un paquet… Ce qui en dit beaucoup sur le niveau de coaching que les surfeurs attendent des écoles.


Clairement, pour la plupart d’entre vous, le mois de novembre marque la fin de la saison touristique. Pourtant, c’est un autre genre de demande qui apparaît ensuite : les locaux qui souhaitent se perfectionner. Remotivés par le départ des touristes, l’envie de repartir à l’eau prend le dessus. Et certains, à un niveau intermédiaire après avoir profité des petites vagues de l’été recherchent un peu plus qu’un cours d’apprentissage. Le surfcoaching leur permet d’apprendre à maîtriser leur propre planche et de se perfectionner.

“Je n’ai pas besoin de cours, je sais déjà surfer”. Combien de fois cette phrase a-t-elle été prononcée ? Un paquet… Ce qui en dit beaucoup sur le niveau de coaching que les surfeurs attendent des écoles.

Pourtant, certains pratiquants auraient encore bien besoin de se perfectionner, surtout avec des spots de surf de plus en plus peuplés. Le surfcoaching répond à ce genre de besoins puisqu’il s’adresse avant tout aux surfeurs intermédiaires, voire carrément confirmés. “Je propose aux surfeurs intermédiaires et confirmés , compétiteurs ou non mes services dans la planification d’entraînements, de projets, de surf trip ou d’autres objectifs sportifs et mes connaissances techniques pour faire progresser”, explique Thibault Guergam sur son site de surfcoaching.

Au début, soit j’étais à l’eau, […] depuis cet été, j’ai un caméraman, ce qui me permet de donner des conseils dans l’eau et de faire prendre aux surfeurs un maximum de vagues

Armés d’une approche analytique et logique et d’une caméra, les surfcoach décryptent chaque mouvement de leurs élèves et offrent ensuite une analyse poussée de la session. Autodidacte, surfeur sur le tard, et entraîné par des coachs australiens, Nicolas Fernandez s’est lancé dans le surfcoaching il y a plus de 10 ans. Pour lui, l’objectif est d’aider les surfeurs à progresser plus vite dans leur discipline. “J’ai toujours fait des programmes sportifs. Quand j’étais jeune, l’été je faisais des entraînements pour mes copains”, quand il précise d’où vient sa passion.

Longtemps coach de compétiteurs, il offre désormais des séances directement dans les vagues à ses élèves, en choisissant évidemment des conditions adaptées… Puis, ce sont des petits groupes de une à six personnes qui sont filmées tout au long de la session. “Au début, soit j’étais à l’eau, soit je filmais. Je me suis aperçu que quand je filmais, certains surfeurs ne prenaient que deux-trois vagues en deux heures. Puis, je me suis mis à l’eau avec une caméra sur un casque, mais c’était assez complexe. Depuis cet été, j’ai un caméraman, ce qui me permet de donner des conseils dans l’eau et de faire prendre aux surfeurs un maximum de vagues”, détaille le coach.

Ensuite, c’est une demi-heure de débriefing vidéo qui attend les futurs pro de la vague. Et, pas question de repartir les mains vides ! Nicolas donne des devoirs : exercices à faire, bilan de progression… En bonus, il nous fait un report live d’une plage landaise tous les matins, par ici !

Lorsque les compétiteurs font appel au surfcoaching, le programme est légèrement modifié, puisque les entraînements sont planifiés en vu de la réalisation d’un objectif bien précis, remporter une compétition !

C’est quelque chose qui se faisait beaucoup en ski et c’était une reconversion pour moi. Pour partager mes connaissances, pour moi, il fallait être proche de la personne, ce qui n’est possible que dans un cours individuel

Emmanuelle Joly, ancienne championne d’Europe de surf, sait aussi de quoi elle parle. De son côté, le concept est clair et net : “Je suis votre coach surf et vous emmène surfer sur les meilleurs spots au meilleur moment, en fonction de votre niveau et des conditions du jour. Contrairement à une école de surf, je ne suis pas attachée à une plage en particulier”. Surfcoach depuis une dizaine d’années, elle s’est aperçue que les écoles de surf préféraient les cours collectifs, plus lucratifs, aux cours individuels. Pas fan des cours de groupe, elle s’est rendue compte qu’elle avait un savoir à partager, mais pas à huit personnes en même temps ! “C’est quelque chose qui se faisait beaucoup en ski et c’était une reconversion pour moi. Pour partager mes connaissances, pour moi, il fallait être proche de la personne, ce qui n’est possible que dans un cours individuel”, selon la surfeuse. Pour elle, pas de caméra à chaque fois, sauf si les surfeurs sont déjà expérimentés et veulent un suivi plus poussé : “en général, les gens ont un peu la pression de la caméra, donc je ne filme pas forcément à chaque fois”.

Le surfcoaching s’accompagne également de cours plus théoriques où les coachs prennent le temps d’expliquer à chacun comment fonctionnent les courants, comment lire des conditions météorologiques, comment trouver la meilleure plage… Mais ils font aussi suer leurs élèves sur le sable en travaillant sur les techniques de la rame, du canard, du roller…  

Alors, une fois la saison estivale terminée, le surfcoaching est-il la réponse aux mois (très) calmes de la saison hivernale ?