Tout le monde peut être moniteur de surf, aujourd’hui, Il suffit de savoir bien surfer, pas besoin de faire d’études… 😱

Le Ministère des Sports vient tout juste de publier une enquête sur le profil des profs de surf. Et le constat est bien loin des préjugés. Car oui, en moyenne, tu es plutôt un homme jeune avec un niveau scolaire assez élevé et une technique d’apprentissage plutôt liée à la pratique personnelle. La phrase d’accroche idéale pour ton profil, au passage…

Tout d’abord, moniteur de surf ne rime clairement pas avec saisonnier, puisque 60,7% sont salariés d’une école ou d’un club. On est alors loin de l’image du surfeur qui profite de l’été pour donner deux-trois cours avant de passer l’hiver dans l’hémisphère sud.

Etude moniteur de surf 1

Les cours de surf restent la source de revenus principale pour les moniteurs… mais aussi pour les monitrices ! Si, dans l’eau, vous êtes encore principalement des hommes à enseigner comment se tenir debout sur une planche de surf, les femmes se font leur place petit à petit. Malgré 35% de licenciées à la Fédération Française de Surf, elles ne sont que 12% à enseigner. Ce qui reste malgré tout plus élevé que dans la plupart des métiers des sports de nature.

Etude moniteurs de surf 2

Bien évidemment, enfonçons des portes ouvertes, vous êtes tous pratiquants, voire carrément participez à des compétitions (1 moniteur sur 5). Et, si vous êtes plutôt jeunes, cela ne signifie absolument pas que vous avez bâclé vos études, puisque 47% sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, donc au-dessus de la moyenne nationale, bien joué.

Par contre, peu de titulaires d’une licence de droit ou de psychologie chez les profs. Plutôt un seul diplôme lié au surf, la plupart du temps un brevet d’Etat d’éducateur sportif (BEES) ou un brevet professionnel de la jeunesses, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS). Pour quasiment 40%, c’est un diplôme sportif lié à un autre sport que le surf qu’ils ont en poche. Et, tiens tiens, majoritairement relatif aux activités de… montagne. A chaque saison sa discipline pour ceux qui ne sont pas salariés à l’année.

Autre évidence, le surf s’enseigne sur les côtes françaises et, bizarre autant qu’étrange, 81% des profs exercent en Nouvelle Aquitaine (coucou le Sud Ouest !). Maintenant que vous savez qui vous êtes, plus clairement être moniteur de surf, c’est quoi ? Bon, bien évidemment, le surf est à la base de l’activité professionnelle. Mais celle-ci reste la source principale de vos revenus dans 70% des cas. Et pour un prof sur cinq, la part, la part du revenu tirée du surf est en augmentation. Autoentrepreneurs, CDD et CDD à titre exclusif constituent la base des contrats annoncés pour environ 5.000 à 12.000€ par an. Alors, on oublie vite l’image du mec qui, cheveux blondis par le soleil, profite de son bon niveau de surf pour bosser deux mois dans une école. Non, être prof de surf est un métier à part entière et 35% des moniteurs en vivent intégralement.

Et si c’est un métier qui a le vent en poupe avec le développement du sport, cela reste un métier lié aux aléas de la nature et avec des horaires en saison carrément costauds. Pour la plupart, les périodes d’activité intense correspondent à l’été et sont synonymes de plein temps (76%). Pas de tires-au-flanc chez les profs de surf !

Le poids important des mois de juillet et août se ressent largement dans la répartition des jours travaillés : 85% des profs travaillent 21 jours sur 31 pendant ces deux mois. Et ce sont les auto entrepreneurs, puis les salariés en CDD, dont les rythmes de travail dépendent le plus des saisons. A noter que désormais, vous êtes plus nombreux à gérer votre propre clientèle plutôt qu’à intervenir dans des clubs ou des associations. Quasiment 20% interviennent même dans cinq structures ou plus, ce qui donne des emplois du temps bien chargés.

Qui dit période estivale, dit touristes. Car 95% d’entre vous se consacrent au cours pour les estivants. Même si le scolaire (63,4%) et la pratique en club (51,7%) représentent une part importante du job. A préciser que 97% des profs sont donc bilingues puisqu’ils doivent communiquer avec les touristes.

Stand-up, bodyboard, longboard… le moniteur s’adapte en fonction des envies et du niveau des élèves mais aussi des conditions météorologiques. Même si le surf reste l’activité principale, voire exclusive pour 17% des profs. D’ailleurs, l’encadrement lors de l’initiation reste au coeur du temps de travail contre 14,6% pour l’entraînement technique.

Si moniteur de surf reste clairement un métier à part entière, ne nous voilons pas la face, beaucoup d’entre vous estiment que des modifications sont nécessaires, notamment au niveau du statut juridique. Car, travailler en école ou en club, c’est bien, mais être à son compte reste quand même plus intéressant.

En parallèle, la plupart d’entre vous souhaitent ajouter des cordes à leur arc en développant, le SUP et le longboard majoritairement, ou carrément en ajoutant de nouvelles activités, notamment dans l’encadrement technique des pratiquants. Des pratiquants qu’ils souhaitent également plus variés que les touristes, avec une préférence pour les comités d’entreprise et les scolaires. Sans oublier les vagues artificielles qui pourraient bien avoir un impact sur les périodes d’activité, le lieu d’enseignement mais aussi sur le public touché.

Alors, plus de polyvalence et évolution du modèle économique du surf, en ligne de mire pour les profs de surf ?